Audioanalyse — L’exigence française en classe A
Bien avant que l’expression « High-End » ne devienne un argument commercial, Audioanalyse avait fait du choix des composants et de la qualité de fabrication une véritable philosophie.
Créée en 1976 par Michel Gauriat, Audioanalyse appartient à cette génération de constructeurs français qui envisageaient la haute fidélité comme un travail d’ingénierie sans compromis. Docteur de troisième cycle en électronique quantique et en acoustique appliquée, Michel Gauriat accorde dès l’origine une importance particulière à la qualité intrinsèque des composants, aux alimentations, à la stabilité des circuits et à leur mise en œuvre.
L’idée est simple : le coût d’un composant ne doit pas déterminer sa présence dans l’appareil avant que ses performances aient été évaluées. La conception précède donc la logique commerciale, avec pour objectif d’approcher autant que possible l’idéal théorique du composant et du circuit parfaits.
Si une pièce en particulier pouvait améliorer ce produit, ça conception l’imposait, aucun parti pris, aucune limite imposée à l’équipe d’ingénierie, Le coût ne figurait pas dans l’équation avant la conception et les critères de performance optimaux, sa construction et sa qualité sonore justifient son tarif.

Daniel Lambert et la naissance de l’A9
Cette philosophie trouve l’une de ses expressions les plus célèbres avec Daniel Lambert, concepteur technique associé à Audioanalyse et à l’origine du mythique A9.
Présenté en 1984, l’A9 devient rapidement l’appareil emblématique de la marque. Son architecture fortement polarisée en classe A, son imposante alimentation, sa construction symétrique et surtout son extraordinaire structure mécanique à grands dissipateurs latéraux en font immédiatement un appareil différent.
Mais son dessin spectaculaire n’est pas gratuit : la forme découle directement des contraintes thermiques imposées par son fonctionnement.
Le résultat marque durablement les audiophiles par la fermeté du grave, la précision de l’image stéréophonique, la transparence et la capacité dynamique. Le A9 reçoit en France un Décibel d’Honneur de La Revue du Son en 1984 et son dessin avant-gardiste est associé dès 1985 au Museum of Modern Art de New York. Il reçoit également une importante reconnaissance dans la presse spécialisée européenne et italienne.
Prévu initialement comme une électronique destinée à une clientèle relativement confidentielle, le A9 devient au contraire l’un des appareils français les plus identifiables de sa génération.
Le C900, compagnon naturel du A9
Audioanalyse développe parallèlement le préamplificateur C900, conçu comme le partenaire naturel du bloc de puissance.
Là encore, la construction est inhabituelle : alimentation généreusement dimensionnée, capacités de filtrage importantes et fonctionnement des étages en classe A. En 1985, la presse spécialisée souligne déjà le soin apporté à cette électronique.
Le couple C900 / A9 devient ainsi l’image même d’Audioanalyse : des appareils imposants, très personnels, conçus en France et pour lesquels la recherche de performances prime sur les contraintes habituelles de poids, de consommation ou de coût.
D’autres électroniques suivront et permettront à Audioanalyse d’occuper pendant près de vingt ans une place singulière dans la haute fidélité française, jusqu’à l’arrêt de la première période de la marque dans les années 1990.
Une histoire qui refuse de disparaître
L’intérêt pour Audioanalyse ne s’est pourtant jamais réellement éteint. Les A9, C900 et autres électroniques de la marque continuent d’être entretenus, restaurés et recherchés par les amateurs plusieurs décennies après leur fabrication.
Une première renaissance se dessine en 2017, lorsqu’un nouvel A9 MkII est présenté, avec la volonté assumée de prolonger l’esthétique et les principes fondamentaux de l’appareil historique.
Dominique Anastasia : faire vivre l’héritage sans le figer
Aujourd’hui, c’est Dominique Anastasia qui porte à nouveau l’histoire d’Audioanalyse.
Son objectif n’est pas de reproduire les appareils des années 1980. Il s’agit plutôt de conserver leur philosophie — classe A, alimentations généreuses, composants sélectionnés, fabrication française — tout en reconstruisant une gamme moderne adaptée aux composants et aux exigences actuelles.
Ce travail aboutit notamment aux nouvelles électroniques A56 et P3, présentées en 2025. Toute leur conception et leur fabrication sont réalisées en France, à Nice, dans les Alpes Maritimes.
Audioanalyse possède ainsi une histoire assez rare : née en 1976 autour de la vision de Michel Gauriat, marquée techniquement par des concepteurs comme Daniel Lambert et immortalisée par le A9, elle connaît aujourd’hui une nouvelle vie sous l’impulsion de Dominique Anastasia.
Près d’un demi-siècle après sa création, Audioanalyse reste fidèle à une idée profondément française de la haute fidélité : concevoir d’abord l’appareil que l’on estime juste, puis seulement se demander comment le produire. La propriété d’ Audioanalyse est également restée la même depuis sa fondation, ce qui signifie que de nouveaux produits seront développés par une équipe qui adhère aux valeurs fondamentales de la société pour les années à venir. Avec une nouvelle vision de fabrication et de vastes possibilités de croissance, l’avenir verra Audioanalyse poursuivre ce que Michel Gauriat avait commencé.